"Cette partie analyse le glissement idéologique d'une partie du public qui, par identification au héros, en est venue à justifier l'injustifiable."
Durant les trois premières saisons de l'anime, le protagoniste Eren Jäger est défini par son impuissance. Il est impulsif, émotif, souvent en larmes face à l'horreur des Titans qui dévorent sa mère.
Il dépend de la force de Mikasa et de la stratégie d'Armin. Cette vulnérabilité lui a valu pendant des années le mépris d'une partie du public masculin, le qualifiant de "pleurnichard" (crybaby) ou de "faible".
Pour beaucoup de spectateurs, voir un héros pleurer était insupportable. Ils réclamaient de la force, sans savoir ce qu'elle coûterait.
Saison 4. Visage fermé, muscles saillants. Il ne crie plus. Il insulte ses amis. IL TUE. Le raid sur Revelio marque le point de non-retour.
Réaction immédiate : le culte du "Chad". Eren devient une icône, un mâle alpha qui écrase ses ennemis sans le moindre remords.
Ce n'est plus une tragédie, c'est une "victoire". Le public radicalisé projette sur Eren ses désirs de domination. Voir Eren humilier Mikasa ou brutaliser Armin n'a pas été perçu comme une tragédie relationnelle, mais comme une "victoire" de la virilité sur l'émotion.
Passez votre souris sur eren pour reveler sa version titan.